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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 23:16

De rêver sa vie… à vivre son rêve, il y a une transposition à faire, pour changer de registre ;

 

On peut aussi dire "changer de plan", si on considère que les rêves (légers, aériens, insensibles aux lois de la pesanteur) sont dans les parties supérieures et la réalité sur des plans en dessous,  bien « terre à terre ».

 

Passer du tout imaginaire au réel, nécessite de matérialiser.

 

C’est le passage où on a recours à la technique, aux travaux, aux dépenses financières pour mettre en place les éléments dont on a besoin pour être dans la configuration rêvée…

 

Cette étape, nous venons de la franchir avec l’achat, la préparation du bateau, et la mise en place des conditions générales pour effectuer ce voyage.

 

Un moment important qui symbolise la transition : la mise à flots du bateau.

 

Accompagné par les « copains-bateaux », rencontrés à Port Napoléon, et du père Jacques, fidèle au poste, Ciao est mis à l’eau, guidé, amarré de mains de maîtres pour rejoindre sa place d’une nuit…

 

En images :

 

 


 

 

Demain c’est le grand jour…

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 20:12

Le catamaran Ciao est prêt au départ …

 

Petit rappel du contexte pour ceux qui nous rejoignent sur le blog :

Acheté fin Octobre 2011, Ciao, est un catamaran Louisiane sorti des chantiers Fountaine-Pajot en 1986. Il a été précédemment bien entretenu, il rentre d’un « tour de méditerranée de 6 mois » et nous avons complété son équipement pour qu’il soit au niveau de la nouvelle ballade qui l’attend…

A son bord, nous nous apprêtons à effectuer une grande croisière au départ de Port-Saint-Louis-du-Rhône, près de Marseille pour rejoindre le pays basque, et plus précisément Hendaye sur la Côte Atlantique. 1800 à 2000 Milles environ, (soit 3000 – 3500 kilomètres) selon les options de route choisies.

J’ai recherché tous les témoignages possibles sur les comportements marins du Louisiane, sans trouver beaucoup de littérature sur internet…

A croire que ces bateaux ne naviguent pas (?) ou que leurs propriétaires n’écrivent pas  (!)

En synthèse des quelques bribes parcourus sur les forums spécialisés, j’ai retenu que le Louisiane est un bateau rapide avec des entrées d’eau fines ; il fait partie des catamarans aux comportements dits « marins », ce qui veut dire privilégiant les qualités de navigation plutôt que le grand confort au port. Il en résulte des formes effilées, un profil offrant peu de fardage (faible résistance au vent due aux formes de la coque) et la contre partie sera forcément un espace à bord plus restreint que sur les nouveaux catamarans beaucoup plus volumineux, plus lourds pour la même taille. Le Louisiane serait capable de vitesse dépassant assez facilement les 10 nœuds, vitesse qu’il est nécessaire de maitriser d’ailleurs en cas de vents forts de l’arrière (c’est comment qu’on freine ?)…

Dans les autres directions, aux dires de certains, la nacelle serait un peu basse sur l’eau, risquant de « taper » dans les vagues lorsque la mer est formée et le vent contraire à la route ; ce qui est d’ailleurs une particularité propre aux catamarans en général…

Voilà ; guère plus d’informations que cela… 

Tout reste donc à découvrir, et au regard de la diversité de notre croisière, il semble qu’il y aura matière à découvertes …

Nous allons avoir l’occasion de nous faire une opinion toute neuve, et au fil du parcours que nous allons entreprendre, je ne manquerai pas de commenter nos ressentis à bord dans les différentes conditions de navigation, de mouillage, de manœuvres, de vie à bord, etc…

Au terme de cette croisière nous devrions être en mesure de tirer des conclusions sur les possibilités du bateau, sur les nôtres, la conjugaison des deux, et d’envisager quelle sera la suite de l’aventure…

                                                            ____________________________

 

Dans l’attente des quelques jours qui nous séparent de la mise à flots et de larguer les amarres, nous avons terminé le lifting de Ciao.

L’une des tâches les moins plaisantes a été de gratter manuellement chaque centimètre carré de la partie sous-marine de la coque, afin d’éliminer les couches abimées de l’ancienne peinture anti-fouling  (traitement anti-algues et anti-coquillages).

Notons au passage, qu’en dépit des avantages du catamaran, quant il s’agit d’entretenir 2 coques c’est 2 fois plus de travail, de fatigue, de poussières dans les yeux et dans le nez…

En l’occurrence, ce fut environ 40 heures de grattage, et 9 heures à deux (soit 18 h en tout) pour la peinture neuve réalisée en 3 couches… Yes c’est fait !

Un petit tour en tête de mat, pour vérifier le gréement, et doter le traditionnel feu de route tricolore Rouge / vert / blanc d’une ampoule à leds (basse consommation) pour épargner les batteries lors des navigations nocturnes et quelques autres derniers petits aménagements et nettoyages…

L’équipage de Ciao vous  livre une petite vidéo de ces instants « besogneux », agrémentés par la sympathique visite de Jacques, le père de Sylvie …

 

 

Fin Avril, même les voiles sont à poste ; tout est prêt maintenant.

Rendez-vous est pris pour la mise à flots le 16 Mai… Il y aura certainement quelques autres images pour l’occasion… La suite, ce sera en mer au fil de nos navigations et de nos escales…

Si vous lisez ces lignes, souhaitez-nous de bons vents, mais surtout : « pas trop, et si possible dans le bon sens !!! »

L’itinéraire prévu (dont nous ne manquerons pas d’envoyer des cartes postales sur le blog) se résume par :

-          La traversée du Golfe du Lion

-          Direction la Costa Brava (Cadaques)

-          Traversée vers les Baléares,

-          Les Iles Baléares, Minorque, Majorque, Ibiza, Formentera…

-          Traversée vers Alicante

-          Descente jusque Alméria

-          Traversée de la Mer D’alboran et atterrissage sur les côtes marocaines vers Mellila (enclave espagnole), Al Hoceima, El Jebeha, ports de pêche marocains …

-          Puis enfin Ceuta (enclave espagnole) au Maroc en face de Gibraltar

-          Gibraltar (territoire britannique)

-          Navigation atlantique vers l’Ouest, Cadix, Séville…

-          Les côtes sud du Portugal, Le Cap San vicente (au Sud-Ouest du Portugal)

-          Remontées de la côte Ouest du Portugal (contre les vents dominants… grr.. la valise de secours de Mimi sera la bienvenue).

-          Vigo et les iles Cies

-          Le cap Finisterre, et entrée en golfe de Gascogne

-          La Corogne

-          La côte Nord espagnole

-          Le pays basque

-          Et l’arrivée sur Hendaye.

Ce sont là des prévisions, que nous adapterons aux conditions du moment bien sûr, sachant que selon la formule de Syl : « on ne sait jamais rien, et il faut s’attendre à tout » …

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:16

Confidences de bers…

 

Pour ceux qui ne savent pas, « un ber », c’est un ensemble de supports (le plus souvent métalliques, bien lourds, et bien costauds), pour accueillir les bateaux lorsqu’ils sont sortis de l’eau et posés sur le parking du chantier naval.

Ils se composent d’un cadre au sol, de chandelles verticales, et au bout des chandelles sont disposés des patins sur lesquels repose la coque du bateau.

 

Les bers tiennent donc délicatement les bateaux bien droits, au bout de leurs chandelles, comme on tiendrait un œuf devant soi, au bout des doigts…

 

Un ber par bateau, sauf cas particulier.

Et bien sûr, pas question de laisser tomber « l’affaire » ! Une « omelette de bateau »  ne serait pas la bienvenue…

 

Il s’en raconte des histoires entre les bers de Port Saint Louis du Rhône, en Camargue ; d’abord des histoires de coup de vent à 50, 60, et des rafales à 80 nœuds (145 km/h) sur la zone, pendant lesquels ils vibrent, oscillent, se cramponnent au sol en entendant les mats et les haubans des voiliers hurler, et les supplier de tenir bon.

Il est particulièrement assourdissant de vivre une journée de vent fort sur une zone portuaire ; il suffit d’imaginer chaque câble, chaque cordage, chaque filière, et ces mats de dizaines de mètres de haut, être l’occasion pour le vent de se faire entendre. Tous chuchotent dans les graves quand le vent commence à monter, puis d’un commun accord, ils grimpent dans les aigus à mesure que la vitesse du vent augmente…

Ils chantent tous ensemble sans chef d’orchestre ; ce n’est évidemment pas très harmonieux, mais quelle puissance !

Et un peu plus tard lorsque le coup de vent est bien établi, c’est un grondement hurlant incessant, présent en tous points, qui s’impose ; pour nous, Etres fragiles devant cette force de la nature, il faut se tenir pour ne pas être déséquilibré, crier pour tenter de se comprendre à quelques mètres de distance ; il faut tout attacher, ne rien poser, (sauf peut être un marteau) sous peine de voir s’échapper dans les secondes suivantes, le seau, les gants, le chiffon, la poubelle, ou encore le pinceau et même la boîte de peinture à moitié pleine…

En Camargue, principalement l’hiver, les coups de vent sont monnaie courante, ils durent plusieurs jours consécutifs… La sensation de froid est pénétrante.

La nuit, le vent reste tout aussi puissant, et dormir dans un bateau posé dans ses conditions suppose ne pas être inquiet de nature, et se convaincre que les vibrations et tremblements divers ne sont que de vagues hallucinations, ainsi d’ailleurs que les quelques dizaines de décibels superflus environnants la couchette…

 

C’est lorsque tout se calme après plusieurs jours sans relâche, que l’on pourrait imaginer les bers se laissant aller à jacasser entre eux, sur des sujets plus légers :

 

-          T’as vu, les propriétaires du cata Ciao sont arrivés !

-          Levés tôt, couchés tôt, et entre les deux, tout le temps au boulot ! Et vas-y que je te grimpe dans le mat quatre fois dans la même demi-journée, que je te gratte la coque par ici, que je te gratte la coque par là…

-          Le capitaine qui scie des planches, le second qui les ponce… Parfois l’inverse…

-          Et je ne t’explique pas les colis qu’ils montent à bord ! Le pauvre cata a déjà pris une centaine de kilos de chargement sans comprendre ce qui lui arrive…

-          Et ce nouveau radar sur son tube inox t’as vu çà ?

-          Flambant neuf, mais quelque chose ne fonctionnait pas dans l’appareil quand les techniciens ont fait les essais ! Tout était posé, fixé, câblé, ils ont dû tout démonter, renvoyer à l’atelier, et plus tard refaire l’installation…

-          Ah oui ! Et le chaudronnier qui avait en charge la fabrication sur mesure du tube inox devant servir de support au radar ; il disait toujours « je passerai demain soir », et à chaque fois il zappait.

 

 

 

A force de relances Il a fini par arriver… passer prendre les mesures, puis quelques jours plus tard (après vaccin de rappel), passer pour essayer, puis revenir encore pour poser la chose, et en final (avec quelques petites impulsions motivantes), installer quelques petits renforts…

 

Cà a pris presque 15 jours à cet artisan, pour que le support du radar soit opérationnel et reconnaissons-le « impeccable »!

Le comble c’est que ce brave monsieur se prénomme « Sylvain »… comme « s’il vint »…

Mais bon ; il est sympa alors… Et quand Sylvain vint, nous l’accueillîmes, (ying) avec un sourire zen.

 

En fait, bien que l’histoire soit vraie, ni les bers, ni les résidents sur le chantier ne se préoccupent réellement de ce que fait le voisin.

 

 cata jpciao 3 jp

 

Le Port Napoléon à Port Saint Louis du Rhône, dispose d’un bassin à flot d’assez modestes capacités, et une grande zone à terre où sont déposés des centaines de bateaux. C’est le concept (assez récent) du « port à sec ». Les moyens de manutention sont impressionnants en nombre, le personnel est présent en conséquence pour assurer les incessantes manœuvres  de mise à l’eau, de sortie, ou de dépose sur des remorques de transports exceptionnels…

 

Sur ce port, qui est en même temps une sorte de chantier naval,  il y a quelques profils de « pré-globe-flotters » qui habitent en permanence sur leur bateau ; ils font des travaux d’aménagement, certains en achèvent la construction…

Chacun s’est réglé un timing personnel, composant avec la météo du moment, et un compte à rebours avant le grand départ à la saison jugée idéale en fonction de la destination choisie ; en attendant ils jonglent entre petits boulots pour remplir la caisse de bord et préparation sur place, à mesure que le compte en banque le permet…

 

Ils sont faciles à reconnaître les « globe-flotters » en puissance : Il suffit de regarder sous le bateau pour y découvrir un véritable « foutoir » constitué d’établis, de bâches, des échelles, des morceaux de bois, des ferrailles, des longueurs de tuyaux d’eau, des bidons de peinture, des vieux vélos, une annexe à moitié dégonflée… Et pour confirmer il y a juste à écouter au-dessus, d’où on entend des bruits de meuleuse, des jurons parfois, et des conversations compliquées de stratification, d’électronique, de panneaux photos-voltaïques, et autres termes en « hic »…

En résumé : sous le bateau, çà ressemble à un vide-grenier concentré… Et au dessus, à un chantier ; concentré aussi !

 

Ici sur la zone du port à sec, tout est très organisé ; il y a des chaudronniers, des spécialistes de l’aluminium, des voileries, des préparateurs professionnels, des peintres, des menuisiers, des mécaniciens, des magasins d’accastillage, un restaurant, une laverie, des locations de containers, des appartements à louer, des vendeurs de bateaux d’occasion… C’est un vrai business !

Les allées du chantier sont sillonnées à longueur de journée par les camionnettes de ces professionnels, ou les petites voiturettes électriques du personnel portuaire…

 

Il y a des centaines d’embarcations à terre, du « petit » voilier de 10 ou 12 mètres au yacht de 40 mètres et plus ; ils sont là en stationnement, tous plus surprenants les uns que les autres. Certains me semblent gigantesques ; Pour la très grande majorité d’entre eux il semble n’y avoir jamais personne à bord. Tout est rangé, rien ne traine…

Je suppose que l’été prochain quelqu’un viendra et que le propriétaire donnera des ordres pour qu’on mette le navire à l’eau le temps des vacances, et après ce sera le « retour sur le ber » pour l’hiver.

Une question me revient régulièrement : à qui sont ces bateaux qui coûtent des fortunes, et qui dorment là, 11 mois de l’année ? Ou encore sa variante : quel métier peut-on bien exercer pour être propriétaire d’un navire à 2 millions d’Euros, et assumer des frais de stationnement d’entretien, et parfois d’équipage, de plusieurs milliers d’Euros par mois ?

Je laisse mes interrogations au vent qui invariablement me répond : « Hoouuuu  ! »… Parfois les drisses le long d’un grand mat, et qui me semblent bien placées pour avoir un avis, répondent « Bling Bling ! » …

 

 

Sur le cata Ciao, qui semble tout petit dans son allée, le plaisir est ailleurs ; comme par exemple tourner et retourner dans tous les sens pour trouver des combines pour éviter de trop dépenser… Faire tout ce que l’on peut faire soi-même… Par exemple des mélanges délicats de peintures pour n’acheter que deux petits pots au lieu des 4 qu’il faudrait pour gérer les différentes teintes ; démonter l’échelle de bains pour la restaurer, considérer l’aspect miteux des bouées de sauvetage, pour peut-être les repeindre, ou changer la housse, etc…

 

Nous avons eu aussi le plaisir d’échanger sur nos projets, avec des voisins de parking, qui ont entrepris en couple la restauration d’un trimaran de croisière. Le capitaine soude et façonne lui-même les pièces inox dont il a besoin ; il s’est en outre, initié à la stratification lui permettant d’effectuer des réparations importantes sur la structure du bateau ; sa compagne et lui en font un adorable boat tout pimpant et au confort de haut niveau, avant de « s’envoler » vers on ne sait quel genre « d’Ouest » au mois de juin… Peut-être nous recroiserons-nous sur les flots… (Clin d’œil à Fred et à JB…)

 

Sur le chantier, le rythme de vie sur Ciao est calé sur le soleil ; ce sont ses premiers rayons, qui en inondant la couchette, font savoir qu’il est aux environs de 8 heures. A cette saison, chaque jour l’astre grignote quelques minutes, et en fin de séjour, notre lever était de plus en plus proche de 07 h 30… 

Oui, pour les incrédules… je confirme : lever à 07 h 30 du matin, et sans se forcer… Etonnant non ?

Non ! Simplement attirés par l’activité du bord, l’envie d’avancer, l’envie de concrétiser, le plaisir de voir le bateau se préparer, et nous-mêmes de ressentir que petit à petit notre environnement s’imprègne de notre signature.

Inutile de préciser que le soir, peu de temps après le coucher du soleil, sous le ressenti une journée bien active au grand air, les yeux se font lourds.

Le repas du soir, nous trouve bien calés dans le carré réchauffé par un petit chauffage électrique d’appoint, et sert de conclusion ; entre 21 h 30 et 22 heures, l’équipage vaillant de Ciao est malgré lui, abandonné à une saine et profonde récupération…

 

Malgré ce rythme tonique, les 8 jours prévus sur place se sont vus allongés à 12 jours pour boucler l’essentiel.

 

Alors que nous nous préparions à quitter les lieux, un bonus « temps » inattendu a retenti ; un peu comme dans un jeu vidéo « Glong ! - 8 jours de plus - voiture en panne ».

Oups… Alternateur HS ; faire enlever la voiture par une dépanneuse, commander la pièce, faire réparer, récupérer la voiture à 30 km de là …

Profitant de cette rallonge impromptue, bloqués sur place avec pour tout moyen de locomotion les vélos pliables, nous avons eu du temps pour accéder aux détails de finition sur Ciao, aux petites retouches esthétiques, qui finalement agrémenteront le séjour à bord.

Il serait fastidieux d’énumérer ici toutes les réparations et aménagements effectués ; nous les avons listés pour mémoire, et nous avons été surpris de compter plus de 50 lignes diverses et variées, dont certaines ont demandé qu’on y consacre seulement 2 heures de travail, mais d’autres parfois 3 jours…

 

 Un petit aperçu en vidéo :

  

 

Il nous reste avant le départ à traiter la partie immergée de la coque (décapage, ponçage, peinture anti-fouling), à vérifier les éléments du gréement dormant (mat, haubans, étai, enrouleur), et à gréer les voiles.

 

Ce sera la part d’Avril…

Avec aussi les derniers petits réglages, les dernières questions, avant de se retrouver sur l’eau avec 3000 kilomètres devant les étraves d’un bateau dont nous ignorons pratiquement tout de son comportement marin.

 

Autant dire que les premières heures seront attentives et intenses, sachant que d’une manière générale, les inconnues sont en même temps les épices de ce type d’expérience…

 

A bientôt…

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 16:08

Voilà passée la période des fêtes…

 

Et aussitôt après, dès le 2 Janvier, je me suis vu plonger la tête la première, dans la préparation de ce voyage en mer, et j’y baigne toujours (dans la préparation ; pas dans la mer), à mon plus grand plaisir…

 

Je fais par conséquent le constat que ce sujet m’attire réellement très fort… Et même…

Ir-ré-sis-ti-ble-ment !

 

J’avais par exemple, un montage vidéo à réaliser en fin d’année ; cela signifie quelques jours entiers de concentration (c’est quelque chose que j’aime pourtant beaucoup)… Non seulement j’ai eu du mal à m’y mettre, mais en plus, j’étais vraiment impatient de terminer pour -enfin- accéder à « ce » qui m’attirait depuis quelques semaines...

 

Que se passe-t-il ?

Je ne prends plus le temps de bouquiner…

Je suis en permanence sur le sujet.

 

Impossible de « rester dans le moment présent ». J’ai beau en être conscient… Je suis aspiré…

Pendant que je terminais ma vidéo, je me voyais profiter d’une petite heure ici ou là pour fouiner sur internet à la recherche de tel ou tel renseignement relatif à ce « fameux » voyage.

 

Cela me rappelle un sujet de philo de l’un de mes enfants : « Le passionné mérite-t-il d’être plaint ? »

J’avais un avis partagé à l’époque (il y a une dizaine d’années)… Mais je me souviens bien du sujet et de l’interrogation qu’il a suscité en moi.

Maintenant je répondrais « Oui ! S’il ne parvenait pas à vivre sa passion »…

Mais à bien y réfléchir, est-il possible d’aller dans une autre direction, de faire autrement ?

Volontairement et consciemment, j’en doute, mais comme c’est de la philo, la discussion reste ouverte…

 

Passion ou pas, il y a incontestablement un courant marin assez puissant, et bien chaud qui m’entraîne au large…

 

trajet ciao

 

Traverser la Méditerranée, saluer les Baléares, Gibraltar, faire un clin d’œil aux côtes marocaines, (en profiter pour regarder discrètement sur bâbord en direction des Canaries), contourner l’Espagne, longer le Portugal, tenter un tout-droit dans le golfe de Gascogne, pour rejoindre les côtes d’Aquitaine, ce n’est pourtant rien d’extraordinaire aux yeux d’un marin… Me dis-je parfois…

En réponse à moi-même (je me parle toujours tout seul ; çà ne s’arrange pas), je citerais France Gall, qui chante : « C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup »…

 

 

Alors oui, j’ai les deux mains dans le « cambouis » de la préparation, et j’aime bien çà.

 

Il y a quelques années ou quelques mois,  lorsque je lisais d’autres récits de voyages en bateau, je m’interrogeais sur ce que pouvait bien contenir cette longue étape de préparation souvent évoquée… Elle s’étale sur des mois, et même des années pour certains.

 

Vu de l’intérieur, le sujet est vaste en effet.

Il est nécessaire déjà de se préparer soi-même à vivre sur une longue période en dehors des repères habituels, et en même temps harmoniser la relation avec les proches et la famille, pour pouvoir partir sans un élastique (réel ou psychologique) dans le dos.

 

Vérifier sa santé, anticiper toutes les démarches administratives, les factures et autres échéances qui dégringolent sans laisser plus de 10 ou 15 jours de délai, gérer le courrier, organiser les aspects financiers du voyage, sans oublier le côté professionnel pour ceux qui y sont encore liés.

 

Ensuite s’occuper de cette « maison flottante », qui est un véhicule en même temps, et qui potentiellement peut devenir cellule de survie au cas où…

Un voilier, c’est un véhicule particulier qui, lorsqu’il a pris le départ, est soumis aux éléments naturels ; cléments la plupart du temps, mais qui peuvent devenir agités en cours de route, voire parfois hostiles et éprouvants pour le matériel et les occupants. C’est dans cette hypothèse qu’il faut laisser un minimum de choses au hasard, sachant qu’il est impossible de se garer sur le côté et appeler une dépanneuse ou un taxi si quelque chose pose soucis…

 

Préparer le bateau, consiste donc à trouver des aménagements facilitant telle ou telle manœuvre à bord, lister les choses à ne pas oublier, acheter ce qui semble indispensable de compléter, équiper, sécuriser, améliorer le confort, fabriquer, « embaucher » le second du bord (qui ne se fait pas prier) pour quelques dizaines de mètres de coutures de renfort du lazzy-bag…(ce qui permet de contenir et ranger la grand-voile prête à être hissée)

 

Néanmoins, cadrer la démarche est difficile … Certains s’y perdent parait-il…

Par exemple, confectionner un récupérateur d’eau de pluie peut paraître incohérent pour qui voyage au sud de l’Espagne en été… et pourtant… si c’est fait, ce sera fait pour après…

Bon  ok … Je le mets en fin de liste…

 

Par contre m’initier à toutes les techniques de pêche à bord, voila qui est concret et utile ! Tout comme apprendre à faire du pain pour ne pas être contraint de débarquer tous les matins…

Alors tant que j’y suis, je ratisse large…

Et je me surprends à récupérer des recettes pratiques de conserves ou de séchage de poisson (ben oui, si la pêche… pêchait tant… qu’elle pêcherait trop), des conseils pour les pousses de graines germées… etc…

 

D’accord il y avait plus urgent ; comme calculer les ressources électriques à partir des consommations quotidiennes prévisibles (le frigo, l’éclairage, les appareils de navigation) et les comparer aux capacités de recharge par les panneaux solaires, ou par le groupe électrogène. Le but de la manœuvre est d’être le plus autonome possible, pour éviter les frais de port…

Le calcul est fait…

Comme bien souvent, en théorie ça colle. La réalité dira si les vrais ampères sont aussi nombreux que dans les formules…

 

Prévoir la bibliothèque, les films, la musique, les passe-temps…

A ce propos, je n’ai jamais réussi à m’ennuyer sur un bateau, mais sait-on jamais… Cinq jours consécutifs bloqués dans un mouillage sous pluie et vent, cela peut sembler long… C’est effectivement bien improbable l’été en méditerranée, mais il paraît que la remontée du Portugal peut être grise et bien humide, même en Juillet-Août…

 

Repérer sur les cartes les points de chute possibles, les caractéristiques météo de chaque région, les fonds marins, la réglementation locale, solliciter les autorisations de mouillage dans les zones préservées…

Repérer les lieux où les accès à internet seront aisés, prioritairement pour permettre à Syl de gérer ses impératifs professionnels, et aussi pour mettre à jour le blog d’ailleurs…

 

Optimiser au meilleur coût les moyens de communication téléphoniques à terre avec la famille, et se donner la possibilité de consulter quotidiennement la météo…

 

Puiser dans les généreux récits d’expériences d’autres voyageurs qui sont partis avant nous, et qui d’ailleurs, voyagent encore après 7, 10 ou 20 ans d’aventures…

 

Composer avec un budget serré… Voila un exercice qui demande de longues réflexions, et oblige à être créatif. 

 

Bref c’est ce que l’on appelle préparer…

 

Ce sont de nombreuses tâches banales ou qui pourraient être considérées comme ingrates ou rébarbatives pour certains, et qui sont en fait comme les trésors d’une caverne d’Alibaba pour moi.

Je me dis alors que je suis dans mon axe  et qu’il n’y a aucune autre question à se poser…

 

Finalement, je prépare un voyage de 3 mois avec la même énergie que si c’était un départ définitif, avec pour tout habitat le bateau… Approche extrémiste ?

Derrière cette préparation, je sens bien que je résous autre chose qui m’habite depuis longtemps…

Tout en affirmant sincèrement que rien n’est décidé à l’avance, il est vraisemblable (pour ne pas dire évident) que ce voyage est un terrain de tests et d’entrainement grandeur nature, une épreuve préparatoire à un périple d’une autre envergure, une répétition générale…

 

Revenons en ce mois de Janvier 2012…

Tout se fait pour l’instant à distance ; le catamaran est stationné, en attente, sur les starting-blocks, près de Marseille, et je passe l’hiver sur la côte atlantique…

Plus de 500 km séparent les deux lieux, et au prix où se vend le litre de Gasoil aujourd’hui, les coûts de voyage imposent d’éviter de faire des allers-retours fréquents.

Alors les préparatifs se font sur plans, d’après photos, vidéos, ou relevés de cotes effectués en Novembre dernier.

 

D’ici le départ, il y aura 2 séjours techniques d’environ une semaine à bord pour installer les préparations réalisées à distance, finaliser les choses, corriger les erreurs, trouver d’autres astuces à creuser.

 

CONTREPLAQUE

Côté terre, les empilages de sacs se forment, les outils se regroupent, ils voisinent la canne à pêche toute neuve, les masques et tubas soigneusement nettoyés, des paillassons, moules à gâteaux, support pivotant pour l’écran radar, et autres morceaux de contreplaqués fraîchement découpés qui apporteront une amélioration des assises du carré…

 

 

 

 

LISTE

 

 A mesure que les objets s’accumulent, les listes interminables commencent à avoir davantage de lignes rayées que de lignes « à faire ».

 

 

 

Ca sent bon le déplacement de mise au point n°1, avec la voiture chargée à bloc, l’esprit gonflé de projets, et le plein d’énergie de vie (gratuite celle-là).

En parlant « d’énergie de vie », il y a aussi une autre conscience qui se joue ; cette énergie est peut-être gratuite, mais elle n’est pas inépuisable…

54 ans au compteur du capitaine, 50 tout rond pour le second… Les indicateurs sont au vert, certes ; mais la sensation ne trompe pas.

S’il y a quelque chose à réaliser, c’est maintenant ; pas dans 10 ans…

 

A l’eau ; à l’eau ? Ne quittez-pas…

Bientôt des nouvelles du bord de « Ciao » !

 

Notons que le catamaran a été rebaptisé du même nom que le précédent bateau, complice révélateur et, rendons-lui hommage, « incitateur d’une certaine idée de départ »…

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Feeling Du Blog

  • : le blog de Ciao...
  • : Voyages au long cours... Voyages intérieurs ... Ou plutôt les deux ensemble ! A mon avis, il y a une sorte de parallèle entre nos cheminements terrestres (ou maritimes) et nos évolutions intérieures... Faut-il pour autant partir pour se trouver ?
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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

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